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Dans mon chien, 144 pages, 7 euros,
illustrations de R. Vigneau
ISBN 978-2-912010-15-2
Quel homme ne rêve d'aller à l'amour
directement, « et, le trouvant, de lui couper ensuite
la retraite par la seule force du raisonnement » ?
Mais, en chemin, votre chien vous dévore. Au creux de
son ventre, démembré, vous vivez encore, vous
sentez. Que se passe-t-il alors ? Le récit de cette
expérience ne ressemble à rien de connu : on y
assiste à une descente tumultueuse, amoureuse,
pulsionnelle, d'une allégresse noire. Non pas
à une descente en enfer, mais dans la profondeur
viscérale du centaurien, là où couve le
désir carnivore avec son florilège de mythes.
Vu du dedans, l'amour cabot est différent. Les
maîtresses du chien, Hécates ou
hétaïres, autant que leurs amants, attisent
votre souffrance et vos aboiements rentrés. Du coup,
le voyeur dévoré devient visionnaire,
témoin à charge de notre monde. S'ouvrent de
vertigineuses perspectives existentielles ponctuées
de passages à l'acte où la tendresse le
dispute à la cruauté, le physique au
métaphysique, la scatologie à l'eschatologie,
Eros à Thanatos.
Ce texte insensé, hilarant, entraîne le
lecteur dans une succession de surprises homériques
en diable.
Pierre Jourde, professeur à
l'université de Grenoble, critique littéraire, est l'auteur du
pamphlet : La littérature sans estomac. Ses romans font date : Pays perdu, Festins secrets (L'esprit
des Péninsules) et Carnets d'un voygeur zoulou dans les banlieues en feu (Gallimard). Il est l'auteur de plusieurs
essais (dont Géographies imaginaires et
Empailler le toréador chez Corti.)
Illustrations de Robert Vigneau.
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POSTFACE :
Turbulences
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La Revanche du Néandertal ou
l'odyssée de l'espèce, John
Gelder,PochParc, 112 p. - 7 euros
ISBN 978-2-912010-13-6
Il y a environ 22 500 ans, les derniers
Néandertaliens disparaissaient d'Europe sous les
assauts de colonisateurs en provenance du Moyen-Orient. Sans
doute assistait-on à la première
épuration ethnique commise par cet homme nouveau --
l'Homo sapiens sapiens --, cet Erectus plus
élancé, plus beau, plus rusé, mieux
armé, donc plus criminel que son
prédécesseur.
La Revanche du Néandertal nous
révèle, avec brio et non sans ironie, les
circonstances de cette « faute » enfouie depuis
des millénaires dans la mémoire collective de
l'Homo... Elle montre comment et pourquoi le
refoulé primitif reprend du service là
où, mieux que jamais, il peut exercer son sacerdoce
de l'abominable et du tragique : au sein du Dispositif
technique et militaro-industriel qui menace le monde. Mais
dont, également, les effets, pervers ou non, n'ont
pas fini de nous surprendre...
Du « vieil oncle » qui fait désordre dans
la famille à l'érection armée, de
l'hermaphrodisme originel à la controverse des
ADNoïdes, de la machine à faire des dieux au
divan de Freud, de la force de frappe sélective au
remodelage des corps...
Mieux qu'une somme, une mémorable
épopée.
John Gelder a publié 6 ouvrages, romans et essais dont Facettes du désastre (Jean-Michel Place) et chez Desnel, Sucer le miel au creux des pierres.
Il a collaboré à diverses revues, dont
L'Aventure humaine et la Revue
d'esthétique. Il est éditeur, notamment du
collectif Objet perdu.
«John Gelder sollicite la curiosité et
nous invite ironiquement à penser, nous, promeneurs
candides, saturés d'informations parcellaires et
nourris de confuses rumeurs ; à penser, si nous en
sommes encore capables, homo urbains-sapiens (Ss)
mystifiés. Sa démonstration maïeutique
nous amuse puis, dans un deuxième temps, nous
provoque. Nous voilà devenus des esprits
prévenus. »
Isabelle Dormion
Extraits de presse à propos de
précédents ouvrages de l'auteur:
"Cette histoire poignante est aussi
l'histoire d'un poing. Car Gelder, soucieux de restaurer les
conditions de possibilité de la pensée, a fait
sienne, à même son écriture,
l'affirmation ultime de Mallarmé : "Toute
pensée émet un coup de dés" "
( Jean Saveedra, Quinzaine
littéraire, Facette du désastre,
1991). "C'est un profond malaise
que produisent les pages de John-Emile Orcan [Gelder]: reste
à savoir s'il faut l'attribuer aux scènes
multiples qu'il décrit, ou bien plutôt à
la façon vicieuse de le faire, avec ce style
supérieur et glacial, cette langue impeccablement
muselée, ce ton cyniquement élégant qui
la caractérisent... Du grand art destructeur
"par-delà le bien et le mal"" (Jérôme Garcin, L'Esprit des rats, 1981). "La
différence entre la littérature et la psychose
est là, dans la limpidité et la transparence,
dans l'écho que les phrases de cet écrivain
singulier font directement résonner en nous. John
Gelder ? Mais c'est moi, mais c'est vous! Chaque homme porte
la forme entière de l'humaine abjection"
(Dominique Noguez,
1991, Facettes du
désastre). "J'imagine que les lecteurs se fâcheront
parfois. Ce n'est pas la meilleure attitude à
adopter, face à un livre qui comporte plus de
richesses qu'il n'apporte de malheurs" (Richard Garzarolli, La Tribunede
Genève). "Il
y a quelque chose de grandiose dans cet ouvrage. La lecture à
laquelle nous sommes conviés n'est absolument pas un simple
générique médicamentaire livré aux
alégastes ainsi nommés par Rabelais parcqu'ils ne savent
pas rire et redoutenaient tant ses saillies féroces
déjà distanciées avant la lettre", (A. Cadet-Petit, sur Sucer le miel au creux des pierres, 2007)
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CARNACCIA, une eschatologie bien
tempérée, Olivier Gambier - 144 pages
(7 euros) - ISBN 978-2-912010-12-8
« ...La rencontre de deux corps n'est jamais
innocente ; je devais courir, et rencontrais parfois dans le
souffle de ma course un de ces corps découpés
; ou, bien pis, de la matière inerte, des murs, des
détritus, du bitume, des objets mous, d'autres
solides ; je ne sais pas pourquoi ces corps pulsent ; je
pense que quelque chose brûle qui les consume ; ou
bien brûlent-ils et consument-ils quelque chose ? J'ai
déjà vu des corps qui brûlent ; ce n'est
pas ça ; moderne consomption...
J'entrai. »
Aleph, plaie errante, se lie à Baal, démon
affamé. C'est ensemble qu'ils parcourent Molibden,
rencontrant d'autres plaies errantes et Venceslas le chien,
Graal d'Aleph. Dans la boue et dans le litron, les errants
pataugent jusqu'à l'inéluctable fin de toute
fiction ; puisque Carnaccia n'est autre que la
dévoration de ce qui ne saurait naître. Mais
par delà l'eschatologie et les sanies auxquelles
Carnaccia prétend, il y a la faim des mots :
camisoles avides de chair, telle une oreille en tourbillon,
aspirant à eux tous les corps animés. Il ne
faut donc s'étonner de rien, sinon de la survie
d'Aleph. Et pourtant, Aleph n'est-il pas le seul, parmi ces
voix d'outre-tombe, à recueillir celle du chien
?
Animalesques, carnassiers ou tendres, les protagonistes de
cette aventure s'entredévorent, mais la danse n'est
macabre qu'en apparence ; le verbe aiguisé telle une
lame de chirurgien génialement inspiré -
joueur d'échec à ses heures - y opère
une alchimie d'un genre inédit, comme pour faire
place nette et évoquer «au-delà des yeux
morts de ses contemporains les parfums du
marécage». Celui, libérateur, d'une
absolue intelligence, ouverte à toutes les
métamorphoses.
Olivier Gambier (25 ans) réussit mieux qu'un
roman : une épopée aux exorcismes graves
et périlleux. On découvre un auteur
étonnant, il inaugure une entreprise
littéraire qui risque bien de compter pour longtemps.
En couverture : peinture à l'huile
d'Eric Roncerel.
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Petit Camp, rites déconcertants,
Pierre Mérot,
96 pages, PochParc - 7 Euros - ISBN 978-2-912010-14-4
« Au seuil de ce livre si surprenant, si
inouï, si jamais vu, si jamais lu, je devrais, pour
rendre un peu de ma surprise et de ma jubilation,
écrire à l'envers ou en lettres de sang et
d'un mètre de haut (ou plutôt d'un
millième de millimètre : il y a beaucoup de
réalités infinitésimales dans le monde
de Pierre Mérot), ou encore y aller d'un croquis
à sa manière, énigmatique et
dérisoire dans sa cavalière
simplicité.
Essayons les mots habituels. De quoi, de qui s'agit-il ?
Où et quand cela se passe-t-il ? Disons tout de
suite que les classiques repères
aristotéliciens sont ici de peu d'efficacité.
D'une certaine façon, tout est dans le titre, Petit
Camp. En trois parties et cent quatre-vingt-dix paragraphes
numérotés, voici en effet la description d'une
«communauté» appelée à
former, en rase campagne, une «Nouvelle Leipzig».
Mais qui sont ces Garagistes et cet Obsédé
(bientôt démultiplié en milliers de
doubles) qui la fondent ?
[...] Tout, dans cet univers, semble pris dans
l'étrange douceur d'une torture
généralisée. Triturations de cadavres,
corps déchiquetés, machineries sexuelles.
Entend-on crier ? Même pas. Impression d'infini
silence.
Avec la logique implacable et tranquille du rêve et
un doigt de sinistre esprit bureaucratique genre SS à
Auschwitz, voici le monde vu dans un prisme ou un miroir
anamorphique, la tête en bas, par le petit bout d'une
lorgnette ou le gros bout d'un téléscope ou le
cul d'une (petite) bouteille : le cauchemar est en effet ici
souvent miniaturisé. »
Dominique NOGUEZ
Pierre Mérot a écrit deux romans à
la Différence : Pays soeur, 1987 et
Crucifiction, 1991, plus récemment, Mammifères et L'Irréaliste (Flammarion)
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