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![]() Mieux qu'une somme, une mémorable épopée...
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SOMMAIRE
Homo nec plus ultra
? p. 7
Extraits : XIXe siècle : à peine
le « mythe industriel » s'annonce-t-il,
qu'on a le toupet de parler d'une sortie des
« âges mythiques » - mais chaque
siècle engendre sa sottise. On pense moderne et
même progrès, c'est dire que, croyant avoir une
pensée pour tout, on cogito tant de travers que ergo
nocend sum. Le Moyen Âge, lui aussi, est loin. On
possède le monde, on va vous le faire progresser vers
un avenir, radieux de surcroît. Les colonies ?
Infestées de fièvres, danger pour la
santé, il est vrai. Un coup de fil sur la machine
phonique d'Edison, et on engage Mendel et Pasteur.
Stephenson est en charge de la locomotive. Emmanuel Kant a
réaménagé la loi du talion quant au
viol, à la bestialité et à
l'homosexualité en concoctant de nouvelles peines de
mort ou de castration catégoriques. Des hommes
pareils, ça vous sort des désordres et des
atrocités de la préhistoire. On veut des
gestionnaires, du concret loin des délires ou des
phantasmes. D'ailleurs, qui « invente »
l'évolution des espèces ? Darwin, mon cher, un
homme du xixe et pas le moindre. Ami des premiers
ethnopaléonto-archéologues, il en sait un
rayon sur celui qui va recevoir le nom de Néandertal.
Ici on unifie les Länder, là on invente la
Belgique, on peaufine les nations et on met tout ce petit
monde au travail. La Force de frappe du travail et de
l'argent gravit quelques degrés sur l'échelle
de l'évolution sous l'Ïil paterne (toujours !)
d'industriels et de théoriciens ad hoc. «
Arbeitswesen der bürgerliche Gesellschaft » ?
(Marx : L'être au travail de la société
bourgeoise.) « Le capital est si grand qu'il fait
advenir les travailleurs (Tibon-Cornillot) », tout
comme le christianisme fit advenir l'esclave, le souffrant,
le faible en tant qu'objet de saint marchandage
; rien à voir avec du mythe, peut-être,
mais tout à voir, déjà, avec la
structuration de l'avenir selon cette force de frappe de la
sélection naturelle que la rationalité
activiste inflige à l'Occident. On est à la
veille de quelques charniers inédits, d'un processus
de multiplication de chair à canon, on mesure des
crânes, c'est à peine si on ne songe
déjà à des chambres à gaz et
autres percées techniques en vue d'exterminations
massives.
Sombre issue apocalyptique pour l'odyssée de
l'espèce? Sombre seulement dans l'optique d'un
anthropocentrisme absolu surtout s'il est cautionné
par le Dieu des judéo-chrétiens et ses
affidés tardifs pour qui la reconduction de la faute
est l'âme même, le moteur de leur
idéoloscatologie. Sombre aussi pour ces amateurs d'un
carnaval quotidien, pornomédiatique et obligatoire,
sans intelligence éprouvée aucune, et qui
s'enlisent dans l'ennui le plus noir... Sombre du point de
vue d'une lignée dogmatique hypothéquée
d'artefacts culturels, sombre pour le coupable autiste
qu'est le Ss (Sapiens sapiens). S'agissait-il de la revanche du Néandertal ? Puisqu'il y a jeu dans la nature, oui. Comme au football. Une équipe, battue en finale d'une coupe, reçoit sa revanche lorsque l'équipe adverse en vient à subir le même sort au profit d'une équipe tierce. C'est la rude loi du sport. [...]
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EXTRAIT de la Postface
d'Isabelle DORMION : Personne ne peut affirmer que l'homme nouveau, objet et non sujet d'expérimentations biologiques, n'est pas un homme artificialisé par le pragmatisme effréné des laboratoires. L'humain est traité comme une production de l'homme, à la fois divinisé et mis à la poubelle. Que fera-t-on des embryons ratés ? Pourra-t-on jeter ce déchet, là, qui ne dit rien ? L'homme nouveau n'existe pas encore. Il se fabrique au jour le jour, banque d'organes, phénomène gémellaire, non-individu, bricolage génial, parfait, chosifié, immortel, déifié et simple déjection. L'homme est en trop d'une humanité qui n'en aurait plus besoin. Refaisons donc nos humanités. Il faut tout relire : les textes bibliques, Durkheim, Darwin, Mauss, Marx, Freud, les mythologues, les anthropoanalystes, les structuralistes, assistons aux débats sur les neurosciences, et, désenchantés, laissons décanter, sceptiques, ces magnifiques innovations devant un verre d'excellent bordeaux. Zénon ? Oui ! Le stoïcisme est un remède. Le bouddhisme aussi. Sourires. Enfin, que dit vraiment la théologie ? [...] John Gelder sollicite la curiosité et nous invite ironiquement à penser, nous, promeneurs candides, saturés d'informations parcellaires et nourris de confuses rumeurs ; à penser, si nous en sommes encore capables, homo urbains-sapiens (Ss) mystifiés. Sa démonstration maïeutique nous amuse puis, dans un deuxième temps, nous provoque. Nous voilà devenus des esprits prévenus. Nous ne rions plus. Une science désenchantée ? Pas sûr ; depuis les grottes, sans doute, la réflexion habite un esprit construit pour l'inquiétude et non pour la désolation. De façon péremptoire John Gelder nous incite, nous oblige à imaginer ce qu'il désigne comme la « surprise » d'une « sextuple » modification aux confins du meilleur et du pire des mondes possibles. Isabelle DORMION ![]()
Facettes
du Desastre J.-M. Place, 1991. Préface de Dominique Noguez à Facettes du désastre
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